Interview de David Cage : les scènes de sexe dans Heavy Rain, une attitude normale

Publié le par Heavy Rain - blog

David Cage Alors qu'Heavy Rain semble avoir échappé à la censure sur la plupart des marchés majeurs, David Cage a répondu à une énième interview, cette fois-ci pour PSM3, dans laquelle est abordée la question de la sexualité des personnages. C'est, pour lui, ce que font des gens normaux dans la vie réelle dans cette situation.

- Comment décrire Heavy Rain aux non-initiés ?
- Heavy Rain est un thriller sombre racontant l'histoire de quatre personnages dont les parcours vont se croiser au cours d'une enquête sur un serial killer. Vous n'avez pas de flingue, vous ne sauterez pas, vous ne conduirez pas de voitures, vous ne résoudrez pas de puzzles. Vous prendrez des décisions, et ces décisions auront des conséquences sur l'histoire qui vous est racontée.

- Est-ce un jeu ou un film interactif ?
- Dès qu'on parle de film interactif, les gens se réfèrent à ce qu'ils étaient il y a 15 ans. Alors ce n'est pas un film interactif de ce genre.
Mais oui, c'est définitivement un jeu : il est interactif à chaque instant... Il ne s'agit pas de regarder des cinématiques ou d'appuyer sur tel ou tel bouton ici et là, il s'agit vraiment de contrôler les personnages, interagir avec votre environnement, décider de ce que vous voulez dire et faire, et constater la manière dont l'histoire en est impactée.

- En général, les jeux ne font pas ressentir d'émotions. Avez vous réussi à le faire avec Heavy Rain ?
- C'est notre but ultime. Dans la plupart des jeux vous avez droit à de l'adrénaline, du stress, de la tension, de la frustration, de la compétition... Des émotions très simples, en fait. Avec Heavy Rain nous essayons de vous faire ressentir de l'empathie, de vous faire sourire, de vous faire pleurer... Nous voulons que vous ressentiez ce que ressentent les personnages, même si c'est une sensation désagréable.

- Heavy Rain marque-t-il une avancée dans le genre des jeux narratifs ?
- Il s'agit simplement de personnes dans la vie réelle confrontées à des situations réelles. J'estime que les jeux ont longtemps dû se contenter des classiques - sauver la planète, se battre contre des zombies... - car ce média a pendant longtemps restreint les possibilités de proposer autre chose.
Mais aujourd'hui, la situation a changé. Les jeux peuvent raconter n'importe quelle histoire - même les plus subtiles. Nous n'avons plus besoin de monstres et d'aliens, maintenant.

- Pensez vous que les gamers sont dorénavant plus matures, notamment ceux qui ont grandi avec le jeu vidéo ?
- J'ai 40 ans et j'ai beaucoup joué au cours de mon existence. Je suis né et j'ai grandi avec les jeux vidéo, et arrive un moment où vous vous dites : "Ok, j'ai déjà fait ça... Que faire maintenant ?".
Il y a une place pour des jeux au contenu plus solide et plus sensé, qui se rapprochent de ce que proposent les films. Pas dans le sens où il deviendraient linéaires et non interactifs, mais dans le sens où ils essaieront d'activer chez vous des émotions plus complexes.

- Trouvez vous que Sony a pris un risque, dans la mesure où il ne s'agit pas d'un énième jeu de shoot ?
- Bien sûr. Ils espèrent ramener des gens ne possédant pas de Playstation 3, et qui voient Heavy Rain en se disant : "C'est un jeu auquel je veux absolument jouer".

- Quelle place occupe Heavy Rain dans le reste du catalogue ? Est-ce un titre spécial ?
- Oh oui, et je ne le dis pas avec arrogance. Je dis juste qu'il est différent. C'est toujours un gros choc pour moi d'aller à l'E3 ou au Gamescom et de regarder la production de cette industrie. J'ai l'impression d'être un extra-terrestre. Notre approche est différente.

- Heavy Rain se déroule aux USA. Est-ce pour séduire plus facilement le marché américain, ou était-il simplement plus cohérent de s'y faire dérouler l'histoire ?
- Nous avons créé un thriller sombre - nos références principales étant Seven et Le Silence Des Agneaux. C'était donc un choix de raison car il s'agissait du point d'entrée le plus facile pour tout le monde. Et puis nous voulions raconter une histoire sur l'Amérique.

- Tout le monde parle des scènes de sexe...
- Oui, il y en a quelques unes mais il ne s'agit en aucun cas de pornographie. Notre intention n'est pas de repousser les limites et d'être ultra-réaliste jusque dans les moindres détails... Nous avons simplement des personnages qui ressentent des émotions et font ce que font des adultes quand ils tombent amoureux.

- Il y a trois hommes et une femme. Pensez vous que les rassembler dans une scène de sexe serait trop ? Réussisseriez vous le défi ?
- Non, je ne crois pas. Nous risquerions de finir sur Fox News...


Source : computerandvideogames.com
Traduction heavyrain.over-blog.com

Publié dans Interviews

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Vince229 15/01/2010 16:05


Tu sais, je me demande si le joueur américain de base connaît la nationalité du studio Quantic Dream...je n'en suis pas convaincu. Je pense plutôt que ni QD, ni Sony ne le crie sur les toits
là-bas.

C'est clair que baser le déroulement du jeu aux US est plus vendeur, vue l'hégémonie US. Et puis c'est logique vu les références cinématographiques qui ont inspiré QD : Seven, Le silence des
agneaux...


DJMadza 15/01/2010 15:50


Quand il dit: "et puis nous voulions raconter une histoire sur l'Amérique."
Bien sure que c'est pour les brosser dans le sens du poil.

Un jeu fait part des français qui se déroule aux USA, c'est pour l'américain une sorte de reconnaissance de notre part. Du coup l'américain moyen se dit: "Bah oué, ils font de jeux qui se déroulent
sur le sol américain car chez eux c'est pourri, c'est moche, vieux, ça sent le fromage et ils sont tous alcooliques. Chez nous c'est leur rêve."

Et puis David Cage n'est pas bête. Il sait bien que, même si son jeu était le plus grand chef d'œuvre de tout les temps mais qui se déroulerai à St-Jambier-de-Porc dans la Creuse, aucun de ces
ricains (qui sont complètements renfermés dans leur culture) n'en auraient voulu.


Vince229 15/01/2010 11:35


Merci pour la traduction Jahman !!

"Nous risquerions de finir sur Fox News". lol

Intéressante cette interview, même s'il se répète pas mal. C'est clair qu'a côté de plein d'autres jeux, il y a de quoi se sentir comme un extra-terrestre.
Je note qu'il dit avoir voulu raconter une histoire "sur l'Amérique". Dit-il la même chose aux journalistes européens ou a-t-il voulu brosser les ricains dans le sens du poil ?